#Algerie #Schiste: Lettre aux participants du Forum Social Mondial à Tunis

non-au-gaz-de-schiste-1

Contribution du Collectif Euro Maghrébin pour le Forum Social Mondial à Tunis

 Un bilan exhaustif de la lutte contre

l’exploitation du gaz de schiste en Algérie

Bismi Allahi errahmani errahimi

Tout d’abord, je dois saluer tous les participants en leur souhaitant plein succès à tous les travaux qu’ils comptent bien entamer lors de ce forum si intéressant dont nous aurions bien souhaité prendre part, afin de coordonner nos actions au niveau maghrébin et européen, parce que notre collectif croit à cette démarche et l’encourage même.

Je regrette sincèrement de ne pas avoir pu y participer pour contre temps, mais aussi cela est dû à certaines manœuvres habituelles de certains activistes écologistes connus des algériens et certains français.

Je dois dire que dans le collectif Euro Maghrébin Anti-Gaz de Schiste, nous ne sommes contre aucunes personnes qui luttent et s’insurge contre la fracturation hydraulique, mais plutôt contre des énergumènes qui se permettent de vouloir effacer de facto ceux qui ont été les pionniers dans les luttes anti-gaz de schiste au Maghreb, ce qui est une insulte à l’histoire et aux militants écologistes.

Comme tout un chacun le sait, notre lutte ayant débuté au mois de juin 2012 quand le gouvernement algérien venait d’annoncer l’exploration de deux forages de l’Ahnet 1 et l’Ahnet 2 dans le bassin d’Illizi, bien sûr pas loin de Ghadames. Cette réaction ayant commencé avec une pétition qui a retenti à travers tout le bassin méditerranéen, et qui a regroupé presque 800 signatures, ce qui a poussé des chaînes de radio et de télévision à  prendre contact avec nous en vue d’éclaircir la situation.

Bien après, le journaliste Mohand Bakir du journal « Le soir d’Algérie » me proposa de rédiger un article pour appeler les algériens à prendre conscience des dangers de ce type d’extraction de gaz de schiste. Lui-même ayant rédigé après un article et une pétition d’une centaine de signatures, celle-ci  ayant abouti à une lettre ouverte au premier ministre Algérien, lui demandant d’arrêter de penser à recourir à ce type d’activité.

Nos confrères tunisiens ayant pris le pas avec mes amis Mohamed Balghouti et Ali Hedy en vue d’éclaircir l’opinion publique tunisien sur ce problème, tout en dénonçant les éventuels contrats  avec les sociétés comme shell, etc…  chargées de l’exploitation de ce gaz.

Ensuite nos confrères marocains entamèrent la même démarche avec notre ami Mohamed Benata, en dénonçant les tractations en coulisse effectuées par leur gouvernement avec les mêmes multi-nationales qui ont foré en Algérie et en Tunisie, leur société mère étant « Halluberton ».

Nous tenons à signaler que la première conférence dénonçant l’exploitation du gaz de schiste était animée par nos soins à Alger le 03 novembre 2012 et organisé par un groupe qui s’est donné le nom de CNLC (le comité national des libertés citoyennes), un nom qui ne donne aucune connotation de lutte anti-gaz de schiste. Le flou entretenu au niveau de la démarche de ce groupe qui ne contenait que trois ou quatre personnes et l’amalgame faite au tour de la question de la coordination des actions anti-gaz de schiste au niveau maghrébin et européen, nous ont obligé de créer le collectif Euro-Maghrébin Anti-Gaz de schiste (CEMAGAS) qui a pris en charge après toutes les activités rentrant dans ce cadre, y compris l’animation des conférences comme celles de Rabat le 26 septembre 2012, d’Oujda le 09 décembre 2013, d’Oran le 21 décembre 2012 et tout dernièrement celle de Tizi Ouzou le 11 mars 2013.

En plus des conférences, nous avions rédigé plusieurs articles dans les organes les plus lourds comme El Watan, le Quotidien d’Oran, le Soir d’Algérie et même dans certains journaux français. Nous avons monté des vidéos sur youtube, accordé des entretiens avec des journaux, des radios, des chaînes comme ça a été le cas avec la chaine TV Al Asr à propos de l’adoption de la nouvelle loi sur les hydrocarbures.

Nos actions ne sont pas limités aux articles et conférences, mais aussi par des prises de contact en vue d’une coordination avec plusieurs formations politiques, qui ont des députés au sein du parlement en vue de tenter de bloquer l’adoption de cette loi scélérate. Certains partis étaient en accord avec les positions du  collectif par rapport à cette question et n’ont pas suivi le vote à l’APN de cette loi.

Avant de terminer je ne dois pas oublier la campagne de dénonciation par les associations et ONG françaises de l’accord algéro-français en matière de réalisation des essais de fracturation dans notre sahara, tout cela a été rendu possible grâce à notre communiqué dans lequel nous avons dénoncé cette politique française qui consiste à ne pas explorer le gaz de schiste en France, mais à le faire ailleurs, d’où le fameux slogan « non au gaz de schiste, « ni ici ni ailleurs » développé par les trentaines d’associations, collectifs et ONG en France pour se solidariser avec le mouvement algérien qui lutte avec abnégation contre tout recours à l’exploitation du gaz ou pétrole de schiste.

La fidélité et le sérieux dans la prise en charge des causes justes sont les vrais indices des vrais militants.

Que vive la lutte anti-gaz de schiste ici et ailleurs

Que vive la solidarité euro-maghrébine en matière de luttes pour des causes justes

Que vive le FSM de Tunis

Et que la lutte continue

Au nom du collectif euro-maghrébin anti-gaz de schiste (CEMAGAS)

Dr MOUSSA Kacem

Maître de Conférences à l’université d’Oran (Algérie)

Expert en Environnement

Expert en mines et carrières

Émail: moussakacem@yahoo.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *