«Au Texas, le PDG de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, est passé outre la décision du président Bouteflika sur le gaz de schiste»

«Au Texas, le PDG de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, est passé outre la décision du président Bouteflika sur le gaz de schiste»

le 06.02.18 | 12h00

 
	Rabah Reghis

Rabah Reghis revient dans cet entretien sur la participation/et prise de position du patron de Sonatrach lors de la seconde édition du forum algéro-américain de l’énergie, qui s’est tenue à Houston aux Etats-Unis. Le consultant ne mâche pas ses mots, qualifiant la conduite de Abdelmoumen Ould Kaddour «d’insubordination».

– Dans votre tribune publiée récemment dans Le Matin d’Algérie relative à la seconde édition du forum algéro-américain de l’énergie à Houston aux Etas-Unis, vous parlez carrément de «récidive» du PDG de la Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, qui serait, selon vous, allé au-delà des lignes – stratégiques – tracées  par les hautes autorités du pays en annonçant, entre autres, un engagement résolu – et un plan d’investissement chiffré – pour l’exploitation des hydrocarbures schisteux, autrement dit vers le «non-conventionnel». Vous rappelez à juste titre que le président de la République, dans sa lettre lue par le ministre de l’Energie lors de la conférence sur la transition énergétique du 17 au 19 janvier dernier à Alger, a clairement opté pour le renforcement de l’investissement dans le conventionnel. De quoi la posture actuelle du PDG de Sonatrach serait-elle le nom ?

Au forum algéro-américain, le PDG de Sonatrach a orienté le débat a contrario de ce que veut le président Bouteflika. Le président de la République avait saisi l’occasion de la conférence sur la transition énergétique pour faire passer un message fort afin de mettre fin à un faux débat sur le gaz de schiste. Pour le premier responsable du pays, il ne faut pas se presser sur les ressources non conventionnelles, réviser la loi sur les hydrocarbures pour attirer les investisseurs vers les conventionnelles.

A ce niveau de la hiérarchie, on peut d’une manière politiquement correcte appeler cela une orientation, mais d’une manière crue, il s’agit bel et bien d’un recadrage de l’Exécutif. Quelques jours après, le PDG de Sonatrach a accordé une interview à l’APS où il est revenu sur la révision de la loi sur les hydrocarbures qu’il considère cette fois-ci comme un dossier «lourd» et «compliqué» qui «demande du temps» «et de l’expertise» pour ne pas, selon ses propos, «refaire les mêmes erreurs».

C’est bien, cela va non seulement dans le sens des orientations présidentielles, mais c’est ce que les experts n’arrêtent pas de recommander depuis 2001. A Houston, Abdelmoumen Ould Kaddour a plaidé encore une fois en faveur de ce que voulait entendre l’auditoire américain, autrement dit : le gaz et le pétrole de schiste.

Il est clair que son seul souci est de ne capter que ce type d’investissement. Le patron de Sonatrach est allé plus loin en annonçant un chiffre de 56 milliards de dollars, dont une part importante sera réservée à ce type de ressources dans laquelle les compagnies de services présentes à ce conseil excellent. En effet, n’oublions pas qu’Houston vit en ce moment une grande déprime des pétroliers en quête d’un plan de charge.

D’abord, on ne comprend pas pourquoi c’est lui qui conduit cette délégation alors qu’il s’agit d’un conseil d’affaires de haut niveau algéro-américain ; secundo, le Pdg de Sonatrach aurait pu appeler les entreprises américaines à venir, par exemple, nous assister dans des gisements qui perdent progressivement de la pression, ou améliorer le taux de récupération des gisements existants.

Vous savez, le taux actuel se situe autour de 18 à 20%, une augmentation de 1% seulement ferait l’économie de plusieurs forages d’exploration tout en augmentant les réserves. Les Texans justement excellent dans ce domaine car les producteurs arrivent jusqu’au grattage de leurs puits. Ils appellent cela les «Scratched Wells». Il est donc resté sur un générique qui plaît aux sociétés de services.

Pour ma part, je ne comprenais pas pourquoi lorsque le Président a recadré son Premier ministre sur la question de la privatisation des entreprises publiques, tout le monde en a parlé, y compris le Premier ministre lui-même, le ministre de l’Industrie, le secrétaire général de l’UGTA, alors que le recadrage sur le gaz de schiste – est-ce le fait d’une force occulte ? – est considéré comme un non-événement. Au point où même la presse était allée jusqu’à douter de l’authenticité du message présidentiel qui ne serait pas l’œuvre du Président.

Quant à moi, je suis convaincu que le président de la République a ordonné un moratoire sur la question du gaz de schiste pour la seconde fois. Son message n’a pas été respecté par le PDG de Sonatrach. C’est un acte d’insubordination. C’est pour cela que je parle dans mon article que vous avez cité de «récidive» du Pdg de Sonatrach.

– Pourquoi, justement, le choix d’Houston, capitale mondiale de l’industrie pétrolière pour vendre le potentiel algérien en non-conventionnel ? Est-ce du marketing et/ou par velléité de porter la «concurrence» sur la terre de majors américaines qui ont bousculé Sonatrach sur ses marchés historiques (UE) inondés par le gaz de schiste US ? Les déclarations de Abdelmadjid Attar, ancien directeur général de Sonatrach (sur Radio M) sur le rendement «exceptionnel» du puits test de gaz de schiste d’In Salah ne participent-elles pas de cette vision ?

Ecoutez, sur la question de la nomination d’Ould Kaddour, j’ai donné mon avis dans vos colonnes le jour-même de son installation. Ses déboires à BRC, sa traversée du désert et ce qu’il pourrait ramener en Algérie dans ses valises n’intéressent pas l’opinion publique. D’autres ont essayé avant lui, mais n’ont rien pu faire.

Ce qui est important, c’est la vision qu’il porte pour la conduite de Sonatrach, la principale mamelle des Algériens. Il est, comme l’ont été avant lui Abdelhamid Brahimi, Chakib Khelil, très versé vers le mimétisme d’une gestion à l’occidentale rigoureusement économique et financière, à une entreprise qui obéit à des objectifs politiques. Sonatrach appartient à l’Etat et, par conséquent, elle doit savoir concilier ses contradictions.

Ce responsable est en train d’acculturer Sonatrach par de procédures qu’elle accepte mal. En ce qui concerne les propos de Abdelmadjid Attar, j’ai un avis autre. Même s’il est un homme de terrain, un technicien géologue, ce qu’il déclare ne nous apprend rien. J’en ai compris en tout cas que nos gisements de ressources non conventionnelles sont quantitativement et qualitativement appréciables.

En pétrole par exemple, nous avons l’un des meilleurs pétroles très apprécié sur les côtes est américaines à cause de sa légèreté et sa contenance en soufre. Ce pétrole vient d’où ? Des roches réservoirs après avoir migré des roches mères. Ce sont donc ces mêmes roches qui sont schisteuses et constituent le pedigree de nos ressources dont elles ne peuvent être que de bonne qualité.

Dans ce cadre justement, l’Energy information administration (EIA) nous a crédités, dans un rapport dédié pour l’Algérie, de six gisements de réserves non conventionnelles : Ghadamès (Berkine Illizi), Timimoune, Ahnet, Mouydir, Reggan et Tindouf, avec une richesse en hydrocarbures mesurée par le Total organique carbone (TOC) moyen de 6%, donc se situant dans la fourchette de l’excellence.

Attar a voulu dire donc qu’on a de la qualité et de la quantité en gaz et pétrole de schiste. Le débat est tout autre : ce ne sont pas ces ressources qui sont contestées, mais bien leur mode d’exploitation, soit par la fracturation hydraulique. Certes, Sonatrach la pratique depuis 1970 mais dans sa forme «soft» pour des gisements de pétrole à Hassi Messaoud et ailleurs, mais en aucun cas pour le gaz de schiste.

– Exxon Mobil et Anadarko seraient «extrêmement intéressés de venir en Algérie», selon les mots du PDG de Sonatrach. Quid de la réalité du plan d’investissement annoncé par ces grandes compagnies américaines, dont les bilans annuels affichent déjà des exercices positifs en Algérie ? Est-ce le prélude d’un vrai (faux) retour des compagnies américaines dans l’amont pétrolier ? Ou est-ce le retour du parapluie américain qui se profile avec la révision de la loi sur les hydrocarbures — annoncée pour la fin de l’année par le PDG de Sonatrach — et dans la perspective de la présidentielle de 2019 ?

C’est un leurre que de croire que ces trois sociétés, auxquelles s’ajoutent la française Total, l’italienne ENI et dans des moindres mesures les espagnoles Cepsa et Repsol et maintenant le scandale en vue de Abengoa sur la centrale hybride de Hassi R’Mel, recherchent la transparence dans les pays où elles opèrent. Sur la même voie que les multinationales, elles se développent mieux dans les eaux troubles, et si la situation ne l’est pas, elles la créent par différents artifices.

Tous les pays, notamment africains, en sont touchés de près ou de loin. L’organisation de l’Unité africaine (UA) est financée à 80% par, dit-on, l’«extérieur», mais dans les faits, ce sont bien les multinationales qui en sont les pourvoyeuses de fonds. Et elles ne se gênent pas pour influer sur les nominations à la tête de cette organisation pour mieux pénétrer le marché africain à moindre coût. Résultat : 25% du PIB des 1,2 milliard d’habitants en Afrique va à la corruption.

C’est aussi un leurre que de croire que ces entreprises se soucient du terrorisme dans certains pays et notamment en Algérie. Elles utilisent ce prétexte uniquement pour faire pression et tirer des avantages de leurs partenaires. Dans les pays où subsiste un lack sécuritaire, elles recrutent sur place ou elles envoient des soi-disant experts de leur nationalité, mais jamais de souche. La preuve est la longue liste du personnel de BP et Statoil décédés lors de l’attaque de Tiguentourine.

Pour revenir justement au motif de cet engouement pour l’exploitation du gaz de schiste en Algérie, ce débat est devenu désormais un enjeu électoral qui pourrait leur servir de moyen de pression, mieux servir leur business qui ne peut en aucun se confondre avec les ressources non conventionnelles. Ces multinationales savent qu’il y a un clivage au sommet dès lors que le président de la République en appelle à un moratoire sur l’exploitation du «non-conventionnel» alors que l’Exécutif tient un autre discours.

Cette question devait même contaminer le paysage politique français pour tenter d’écarter ses entreprises de leur stratégie. En résumé, c’est de l’intox, elles ne sont ici que pour partager la croissance avec les Algériens. Sinon, qu’est-ce qu’elles font dans les couloirs de Sonatrach ? Pourquoi ne s’adressent-elles pas directement à Alnaft qui délivre les permis de recherche ? Pourquoi ne soumissionnent-elles pas dans les appels d’offres qui sont régulièrement déclarés infructueux ?

Mohand Aziri

Début d’exploitation du gaz de #schiste en Algérie

 

 

le 05.02.18 | 12h00 

L’Algérie a commencé à exploiter le gaz de schiste, selon les propos jamais démentis de la députée française Muriel Ressiguier qui s’est exprimée le 23 janvier dernier sur cette importante question étroitement liée au projet de gazoduc (STEP) qui reliera l’Algérie à la France via l’Espagne en perspective du grand marché européen de l’énergie dont le chantier sera très prochainement lancé.

L’information de la députée de France Insoumise est certainement fondée car l’Algérie dont les réserves exportables sont gravement siphonnées par une consommation locale particulièrement «gazivore» court le risque de ne plus pouvoir honorer ses engagements commerciaux faute de stocks exportables.

Considérée comme le troisième plus gros détenteur mondial de réserves de pétrole et de gaz de schiste, l’Algérie n’a évidemment pas l’intention de mettre longtemps en veilleuse cette chance de reconstituer sa rente d’hydrocarbures que les gisements traditionnels ne parviennent pas alimenter à hauteur des besoins financiers d’un pays qui continue, en dépit du déclin des prix des hydrocarbures, à dépenser sans compter.

Les engagements commerciaux de Sonatrach poussent également la compagnie à chercher les quantités objets de commandes fermes là où elles se trouvent. Et les réserves prouvées enfermées dans les schistes en offrent la meilleure opportunité, notamment quand leur exploitation est épaulée par des compagnies américaines très compétentes en la matière.

Une éventualité à ne pas du tout écarter et que présagent largement les propos qu’a récemment tenu le PDG de Sonatrach lors de sa toute récente visite au Etats-Unis. L’opposition des populations du Sud algérien à ce type d’exploitation qui pourrait mettre en péril l’environnement et notamment les nappes hydrauliques ne semble, du reste, plus faire obstacle au gouvernement algérien décidé à entamer au plus tôt l’exploitation. Et il n’en a, en réalité, pas le choix.

Stagnation de la production et boom de la demande locale

Siphonnés par la consommation locale qui explose sous les effets de la demande sociale et industrielle, les stocks de gaz naturel et de pétrole exportables pourraient en effet descendre, dès l’année 2020, à des niveaux si bas qu’ils pourraient compromettre les engagements commerciaux de Sonatrach.

A la vitesse où va la consommation domestique de gaz naturel (8% de plus de MTP sont soustraits chaque année à la production globale), il est à craindre que la production nationale de gaz naturel suffise à peine à couvrir la demande intérieure qui croît à un rythme exponentiel pour les raisons évoquées plus haut.

Le doute sur l’avenir industriel et commercial du gaz algérien est en effet de mise chez pratiquement tous les experts en hydrocarbures qui pronostiquent, chiffres à l’appui, que la production algérienne de gaz, qui stagne depuis ces dix dernières années entre 55 et 60 milliards de m3, suffira à peine à couvrir la demande intérieure à un très proche horizon. Si la tendance venait à se maintenir en son état actuel, il y a fort à craindre que les quantités exportables soient, à plus ou moins court terme, réduites à la portion congrue.

De quoi inquiéter les plus gros clients de Sonatrach, dont certains (France et Italie selon les médias français) auraient eu déjà, en 2015, un avant-goût en matière de rupture d’approvisionnement. L’avis du Conseil national de l’énergie (CNE) sur l’avenir de cette filière en perdition est attendu depuis plusieurs années mais cette instance, que seul le président de la République est habilité à convoquer, n’a jamais siégé depuis sa création en avril 1995.

Vu l’état de santé du chef de l’Etat, tout porte à croire qu’elle ne se réunira jamais, obligeant le pays à se contenter de quelques décisions ponctuelles prises conjoncturellement en Conseil des ministres.

La crise qui se profile et qui ira crescendo tout au long des toutes prochaines années est pourtant déjà apparente ne serait-ce qu’à travers les quantités de plus en plus importantes de gaz soustraites aux réserves exportables afin de pourvoir à une demande intérieure qui explose sous les effets conjugués de la croissance démographique, de la distribution de gaz de ville dans pratiquement toutes les agglomérations urbaines et de l’alimentation d’équipements industriels énergétivores réalisés au cours de la décennie (usines de dessalement d’eau de mer, usines d’aluminium, centrales électriques, etc.) qui absorbaient en 2014 déjà environ 30% de la production nationale de gaz, toutes catégories confondues.

Il y a vraiment de quoi s’inquiéter de ce boom de la consommation locale qui, de surcroît, intervient dans un contexte de stagnation de la production qui contraint à puiser dans les réserves exportables, réduisant d’autant nos recettes d’hydrocarbures déjà lourdement affectées par le déclin des prix internationaux. Les spécialistes estiment à environ 8% de plus la part de production de gaz soustraite chaque année à l’exportation pour être consommée à très bas prix en Algérie.

A ce rythme, les économistes estiment que l’offre exportable ne sera plus que de 10 milliards de m3 en 2030. Les clients traditionnels de Sonatrach ont donc de bonnes raisons de s’inquiéter et à chercher des solutions de rechange qui pourraient nuire au fournisseur algérien.

Une étude datée de mai 2014 avait, par ailleurs, déjà jeté attiré l’attention en affirmant, chiffres à l’appui, que la consommation locale de gaz naturel est passée de 10 à 37 MTP entre 1999 et 2012, période qui correspond heureusement à un bond de la production d’hydrocarbures, rendu possible par la loi sur les sociétés mixtes et le partage de production qui avait permis à de nombreuses compagnies étrangères de découvrir et d’exploiter de nouveaux périmètres.

Le pic jamais égalé de 60 milliards de m3 de gaz naturel avait même été atteint précisément à cette période, avant de redescendre à un niveau beaucoup plus bas durant ces toutes dernières années. Cette tendance a, comme on le redoute, de bonnes chances de perdurer, voire même de s’exacerber en raison de l’épuisement de certains puits, de l’insuffisance de découvertes de grands gisements et de l’absence de partenaires étrangers, dissuadés par la formule du 51/49 et, bien entendu, la modicité du prix des hydrocarbures actuel.

Les gaz non conventionnels à la rescousse

Cette baisse drastique de l’offre de gaz exportable en contexte de stagnation de la production, aussi bien à l’amont qu’à l’aval, ne manquera évidemment pas d’impacter négativement le niveau des recettes en devises. Le prix du baril de pétrole qui sert de référence à celui du gaz ne permettra, à titre d’exemple, de n’empocher qu’environ 25 à 26 milliards de dollars en 2019, si ce dernier venait à se stabiliser, comme c’est depuis quelques semaines le cas, aux environs de 70 dollars.

Ce phénomène de régression des quantités à exporter affectant aussi bien le pétrole que le gaz, il est à craindre que la baisse des offres destinées aux marchés étrangers réduise considérablement le niveau des recettes en devises et, conséquemment, celui de la fiscalité pétrolière qui représente une part importante du budget de l’Etat.

C’est dire à quel point le problème est grave et recommande d’agir au plus tôt pour relancer tous azimuts la production, aussi bien gazière que pétrolière tout en développant parallèlement d’autres sources d’énergies (solaire, éolienne et autres) destinées à la consommation locale.

Il faudrait tout de même être prudent sur le volume des investissements à promouvoir pour booster la production de gaz, car un sérieux risque de mévente pourrait surgir à terme à la faveur des nouvelles découvertes d’hydrocarbures dans de nombreux pays du monde, des exploitations de pétrole et gaz de schiste et des grands programmes d’énergies alternatives que pratiquement tous les clients traditionnels de l’Algérie (Espagne, France, Italie) ont lancés.

Il faut ajouter à cette crainte celle encore plus sérieuse de la concurrence de gros producteurs de gaz comme la Russie, le Qatar et bientôt l’Iran et l’Australie qui mettront incessamment sur le marché européen de grandes quantités de gaz liquéfié à moindres prix.
Jusque-là sécurisée par ses contrats à long terme à prix stables, l’Algérie devra reconsidérer cette situation confortable qui a longtemps prévalu pour des raisons historiques, en se conformant comme tous ses concurrents aux prix et aux clauses contractuelles universelles.

C’est par conséquent toute la stratégie de production et de commercialisation des hydrocarbures, en général, et du gaz naturel en particulier, qu’il faudrait repenser afin de l’adapter aux grands bouleversements qui affectent aussi bien le marché local que les marchés extérieurs.

Soucieuses de maintenir leurs recettes d’hydrocarbures à un niveau acceptable, les autorités algériennes sont à l’évidence tentées par la solution à court terme que procure l’exploitation non conventionnelle. Avec l’aide des Américains, les choses pourraient aller très vite et dans la discrétion pour éviter d’éventuelles réactions des populations environnantes, comme ce fut le cas à In Salah durant pratiquement toute l’année 2015. 

Nordine Grim