#Maroc Energie. Ça gaz… ça schiste !

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Energie. Ça gaz… ça schiste !

23 Sept 2013

Par : Nina Kozlowski

Energie. Ça gaz... ça schiste !

Exploitation de schistes bitumineux (DR)

 

Le royaume est assis sur du schiste riche en hydrocarbures non conventionnels, qui pourrait lui assurer une indépendance énergétique mais suscite aussi bon nombre de polémiques. Exploration.

La presse nationale n’a eu de cesse d’en parler cette année. Le Maroc s’intéresse de près aux schistes bitumineux et au gaz de schiste, des hydrocarbures dits “non conventionnels”, qui pourraient permettre au pays de produire du pétrole, de l’électricité mais aussi du gaz. Avec des ressources estimées à plus de 50 milliards de barils, le royaume se retrouve à la 6ème place du top 10 mondial des ressources en schistes bitumineux. Côté gaz de schiste en revanche, aucune estimation des ressources n’a encore été réalisée. C’est sans doute une question de mois, puisque plusieurs compagnies pétrolières ont déjà entamé des études afin de définir le potentiel du pays.

Il y a schiste et schiste

Tarfaya et Timahdit sont les zones qui renferment le plus de schistes bitumineux dans leur sous-sol. Elles représentent à elles seules 38,8 milliards de barils. Cette catégorie de schiste peut être exploitée de deux manières. Si les schistes bitumineux sont brûlés dans des centrales thermiques, ils donnent de l’électricité. Exactement comme en Estonie, premier extracteur mondial de schistes bitumineux, qui parvient à produire 90% de son électricité grâce à ce procédé. Les schistes bitumineux contiennent également du kérogène, une substance organique qui peut se transformer en pétrole, via le processus chimique de la pyrolyse. La nouvelle est alléchante et laisse entrevoir, pour certains, un avenir d’indépendance énergétique et de pétrodollars. C’est le cas de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), qui a signé des accords avec six compagnies pétrolières (San Leon Energy, Kerogen Research & Exploration, Abu Dhabi International Energy Company PJSC Taqa,  Irkoutsk Energostoroy et Petrobras ), entre 2009 et 2011, afin de procéder à des essais pilotes. A Tarfaya, par exemple, une centrale thermique pilote a été construite. Elle est alimentée par les schistes bitumineux et possède une puissance de 100 mégawatts. Bilan des essais ? “A ce jour, l’extraction des schistes bitumineux est uniquement utilisée pour la combustion dans des centrales électriques, à l’instar de ce qui se fait en Estonie”, assure le ministre de l’Energie, Fouad Douiri. Autrement dit, le Maroc peut exploiter les schistes bitumineux pour produire de l’électricité, mais ne pourra pas s’en servir comme alternative au pétrole.

Pas très rentable

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#USA Gaz de schiste : premiers déclins aux Etats-Unis

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Gaz de schiste : premiers déclins aux Etats-Unis

C’est là que le boom des gaz de schiste a commencé. C’est là aussi que le déclin semble s’amorcer. Les champs de Barnett et de Haynesville, dans le Sud des Etat-Unis, ont franchi leur pic de production respectivement en novembre et décembre 2011.

Les puits de Barnett et Haynesville ont fourni jusqu’ici près de la moitié de la production américaine de gaz de schiste.

Le développement plus tardif du troisième principal champ nord-américain de gaz de schiste, celui de Marcellus dans les Appalaches, compense jusqu’ici le déclin de ses deux prédécesseurs. La poursuite du développement de Marcellus joue un rôle clé pour maintenir sur un plateau la production totale de gaz naturel aux Etats-Unis, stable depuis le début de l’année 2012.

Evolution de la production des 5 principaux champs de gaz de schiste aux Etats-Unis, constituant 80 % de la production totale de gaz de schiste. Source : J. David Hughes.

La production de gaz naturel du champ de Barnett, situé au beau milieu de la vaste zone urbaine de Dallas Fort-Worth, au Texas, s’est établie à 4,84 milliards de pieds cube par jour au mois de juin, en baisse de 16,5 % sur un an et de 20,5 % sur deux ans. La première ruée vers les gaz de schiste s’est produite ici, au coeur de l’industrie américaine des hydrocarbures, à la faveur de la flambée des prix de l’énergie amorcée au début des années 2000.

Le champ de gaz de schiste de Haynesville, à cheval sur le Texas et la Louisiane, a été le deuxième développé aux Etats-Unis, à partir de 2009. Ses extractions sont en recul de près d’un cinquième par rapport au pic de décembre 2011. La production des puits situés en Louisiane a encaissé un repli de pas moins de 28 % en seulement un an et demi, selon les données fournies par Washington.

Source : EIA.

Indispensable pour exploiter les gaz de schiste, la fracturation de la roche ne permet de libérer ces gaz que dans un périmètre restreint autour de la zone fracturée. Par conséquent, la production d’un puits d’hydrocarbures de schiste atteint en général sa production record dès son ouverture, et décline ensuite très rapidement, souvent dès les premiers mois d’exploitation. Pour maintenir une production élevée, il est nécessaire de forer sans cesse de nouveaux puits, de dix à cent fois plus que pour du pétrole conventionnel, d’après la direction du groupe Total.

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