#USA En Pennsylvanie, des nappes phréatiques polluées par le gaz de #schiste

En Pennsylvanie, des nappes phréatiques polluées par le gaz de schiste

LE MONDE |  • Mis à jour le  |Par Stéphane Foucart

Puits de gaz de schiste à Washington, en Pennsylvanie, en juillet 2011.

Publiée dimanche 23 juin dans la revue de l’Académie des sciences américaine, l’étude conduite par le biologiste Robert Jackson, professeur à la Duke University à Durham (Etats-Unis), devrait relancer l’affrontement entre les tenants et les adversaires de l’exploitation du gaz de schiste. Et fournir de nouveaux arguments à ces derniers.

De fait, les travaux du chercheur américain mettent en évidence, dans le nord-est de la Pennsylvanie, de fortes teneurs en méthane (CH4) des eaux souterraines prélevées autour des puits de gaz non conventionnel. Cette pollution n’est pas circonscrite aux abords immédiats des gisements : elle concerne les zones situées jusqu’à un kilomètre autour des points de forage.

Les scientifiques ont analysé l’eau issue de 141 points de prélèvement dans les nappes phréatiques de cette partie des Appalaches. Environ 80 % des échantillons étudiés montrent des teneurs mesurables de méthane – l’hydrocarbure qui forme l’essentiel du gaz extrait. Loin des puits, les niveaux enregistrés sont généralement faibles. En revanche, à moins d’un kilomètre de la production, les niveaux de contamination sont six fois plus élevés, en moyenne.

TENEUR IMPORTANTE EN MÉTHANE

Les scientifiques ont cherché d’autres causes possibles à ces teneurs élevées en méthane (composition du sous-sol, topographie) mais le seul paramètre permettant de les expliquer est, selon leur analyse, la présence proche d’un forage. En outre, les auteurs ont examiné la signature isotopique du méthane retrouvé dans les nappes : plus les forages sont proches, plus cette signature est caractéristique du méthane piégé dans les roches profondes. La présence d’hydrocarbures dans les aquifères, lorsqu’elle dépasse un certain seuil, n’est donc pas imputable à des contaminations de bactéries « méthanogènes ».

Les concentrations de méthane mesurées près des puits ne sont pas anecdotiques. Pour une vingtaine d’échantillons, tous ou presque situés à moins d’un kilomètre des forages, la teneur en méthane excède 10 milligrammes par litre (mg/l), seuil de préoccupation pour les autorités sanitaires américaines. Dans une douzaine de cas, l’hydrocarbure est présent, dans une eau présumée potable, à plus de 28 mg/l – soit le seuil d’« action immédiate », selon la réglementation en vigueur. L’eau la plus contaminée affiche une teneur en méthane de près de 70 mg/l.

Si le lien avec l’exploitation du gaz de schiste ne semble pas faire de doute, il n’est pas possible – en l’état – d’incriminer la technique de fracturation hydraulique elle-même. Celle-ci consiste à injecter sous haute pression et à très grande profondeur (plus d’un kilomètre en général) de l’eau mêlée à du sable et à des adjuvants chimiques. Ainsi fracturée, la roche libère les hydrocarbures qu’elle séquestre.

RISQUE DE FISSURES DANS LE SOUS-SOL

Pour ses adversaires, cette technique présente le risque d’ouvrir de longs réseaux de fissures dans le sous-sol, susceptibles de mettre en relation des réservoirs de gaz et des nappes phréatiques. Sans exclure ce processus assez improbable, les chercheurs américains jugent plus crédibles de mauvaises pratiques de forage : défauts de cimentation des puits, etc.

Une telle interprétation des résultats est appuyée par une autre découverte. Les niveaux de contamination des nappes phréatiques ne seraient pas uniquement liés à la distance qui les sépare des puits de gaz de schiste. L’âge de ces derniers semble également jouer un rôle. « Dans nos données, il y a une petite tendance àvoir des concentrations de méthane augmenter avec l’âge des puits« , écrivent les chercheurs.

Deux explications sont proposées pour expliquer ce lien. La première est que les puits vieillissent mal et que leur étanchéité diminue à mesure que le temps passe. Dans ce cas, « les problèmes de potabilité de l’eau pourraient s’accroître au fil des années ». La seconde serait que « les pratiques de forage s’améliorent avec le temps ». Pour trancher, les auteurs de l’étude appellent à lancer rapidement de nouvelles études.

#Algerie Exploitation du Gaz et Pétrole de #Schiste: un gouvernement, une voix et son contraire

Algérie Express

EXPLOITATION DU GAZ ET PÉTROLE DE SCHISTE : un gouvernement, une voix et son contraire

Publié le samedi 15 juin 2013 09:41
Écrit par Hamid Guerni

On ne sait plus qui dit vrai et qui voit tout faux dans cette histoire d’exploitation ou pas du gaz et pétrole de schiste. Jeudi, dans la wilaya d’El Bayadh, le ministre des ressources en eau, Hocine Necib, a glissé subrepticement au journaliste d’El Khabar qui l’a interrogé que Bouteflika n’est pas enthousiaste pour l’exploitation de cette énergie.

Ce serait, selon le ministre, les rapports sur l’existence de nombreuses sources de pollution dans la région où l’exploitation devait s’effectuer qui auront incité Bouteflika à revenir sur l’option. Le même jour, dans la même wilaya et au cours de la même visite, le premier ministre, Abdelmalek Sellal annonce une nouvelle découverte de gaz de schiste. Un grand gisement à In Salah. Autrement compris, l’exploration se poursuit et l’exploitation est sérieusement envisagée. Samedi à Alger, le même premier ministre rappelle cette découverte.

Qui des deux croire, le ministre des ressources en eau ou le premier ministre ? Hocine Necib attribue la décision de surseoir à l’exploitation du gaz de schiste à Bouteflika. Faut-il rappeler qu’avant cette discordance de voix officielles, l’idée d’exploiter le gaz et pétrole de schiste a fait débat en Algérie. Bien des experts ont alerté des risques de contamination que le procédé et les matériaux utilisés pour l’extraction de cette énergie font peser sur la nappe albienne.

Source Algérie Express et aussi dans le quotidien El Khabar en langue arabe

#Algerie Dr Kacem Moussa à MagVert: Le verrouillage bureaucratique rend les projets de développement durables inefficaces

mag vert

Mag VertMag Vert Energies Renouvelables et Développement Durable

Dr Kacem Moussa à MagVert : Le verrouillage bureaucratique rend les projets de développement durables inefficaces

Dimanche 9 Juin 2013

kacemEntrevue de Kacem Moussa par Jamouli Ouzidane pour Mag Vert

1- Bonjour Mr Kacem Moussa, pouvez-vous, vous introduire en premier lieu au public algérien en ce qui concerne votre intérêt universitaire et engagé pour les ER (énergies renouvelables) et le DD (développement durable) en Algérie.

Bonjour, en tant qu’universitaire soucieux de l’intérêt de son pays et de la protection de l’environnement dans tous les secteur-clé du domaine socio-économique, je dis que le plus important pour notre pays est d’assurer une véritable transition énergétique basée sur ce qui est alternatif et durable comme les énergies renouvelables et non sur ce qui est fossile et épuisable comme les hydrocarbures qu’elles soient conventionnelles ou non.

Actuellement, nous sommes entrain de militer en vue de créer une conscience énergétique viable qui nous projette à l’avenir et non de regarder sur le présent qui ne tardera pas s’effacer avec l’avènement du pik oil (fin du pétrole) qui propulsera vers les abîmes sombres.

2- Que pensez vous de la politique algérienne dans les ER et le DD d’après le plan gouvernemental. Que devrait faire le gouvernement à part faire de beaux discours devant les médias, de beaux programmes discursifs sur papiers et allouer des milliards à ce secteur s’ils vont être utilisés comme précédemment pour acheter des ordinateurs , recruter du personnel et le payer. Que devrions-nous faire pour mieux gérer, en tant que société civile, et contrôler un programme aussi ambitieux car on à aucun organisme tiers pour le faire ? Faudrait-il créer cet organisme tiers pour prendre en compte les intérêts des citoyens tant économique, scientifique, technologique, industrielle qu’écologique ?

Après un timide départ vers le renouvelable et le durable, l’Algérie est entrain de tourner le dos vers ce qui est vraiment viable et propre, et ce bien entendu à cause de son fléchissement aux pressions des trusts et sociétés multi-nationales qui ne cherchent pour le moment à piller ce qui patrimoine minéral et énergétique en vue de gagner leur bataille géostratégique que mène depuis longtemps suite à la fin de la guerre froide.

Les Etats Unis, en tête, sont entrain de tout faire pour aligner notre pays dans un monde rentier et dévastateur de ses richesses dans l’immédiat afin de pouvoir la mieux dominer et s’en servir dans les prochaines guerres que comptent lancer ça et là en Afrique, dont le Sahel, le Mali etc, ces contrées qui regorgent de richesses comme les terres rares, le lithium etc que comptent utiliser dans leurs futures industries et technologies de pointe.

Ce qui est désolant pour notre gouvernement, c’est qu’il a vraiment réussi en l’espace de quelques décennies à mater sa matière grise qui était constituée par ces talentueux cadres, ingénieurs etc qui se sont trouvés obligés de quitter le pays ou bien restés là, mais vraiment mis en quarantaine et interdits à toute action bénéfique à leur pays et son économie.

A mon avis, le peu de gens consciencieux qui restent éveillés dans ce pays, doivent assumer pleinement leur devoir en prenant en charge réellement ces aspects qui touchent à l’économie, la science, la technologie, l’industrie, l’écologie etc

Multiplier des actions de sensibilisation, d’action et même si nécessaire prendre des initiatives dont vous avez fait référence comme l’organisme tiers, mais à la condition qu’il soit entièrement indépendant et innovateur en termes d’idées et programmes de mobilisation. Les résultats de telles actions ne sont pas attendus dans l’immédiat, mais il faut travailler pour que d’autres trouvent les bonnes bases de lancement de véritables actions salvatrices.

Lire la suite

#Europe La lutte sans fin de villageois polonais contre un géant du gaz de #schiste

libération

«Nous ne voulons pas de gaz», banderole près du campement des habitants. Juin 2013.

«Nous ne voulons pas de gaz», banderole près du campement des habitants. Juin 2013. (Photo Marcin Latanik. Revoltcinema)

RÉCIT Il y a un an, ils avaient cru obtenir victoire contre l’Américain Chevron. Depuis une semaine, ils se battent à nouveau nuit et jour pour sauver leurs villages.

Décidément, la guerre du gaz de schiste est digne des meilleurs films à suspense. Et les victoires citoyennes semblent bien fragiles face au rouleau-compresseur de l’industrie. Cette semaine, un joli télescopage spatiotemporel de l’actualité en a magistralement donné la preuve, en France comme en Pologne.

Chez nous, la loi du 13 juillet 2011 interdisant le recours à la fracturation hydraulique pour extraire les hydrocarbures coincés dans la roche (qui interdit de facto toute exploration et exploitation, puisque c’est la seule disponible), a subi mercredi les assauts de la patronne du Medef Laurence Parisot. Puis, jeudi, ceux d’un rapport parlementaire ouvertement pro-gaz de schiste. Bref, les lobbys sont plus déterminés que jamais à entrer par la fenêtre alors qu’on leur a fermé la porte après des mois de mobilisation des populations locales. Et peu importe si les gaz et pétrole de schiste polluent le sol et l’eau, si leur impact sur le climat est calamiteux ou si leur intérêt économique commence lui-même à être contesté.

Malédiction du gaz de schiste

Hasard du calendrier, au même moment, dans la campagne polonaise, à quelques roues de tracteur de la frontière ukrainienne, l’industrie des gaz de schiste est aussi à l’offensive. Là même où des villageois, que l’eurodéputé Vert José Bové avait rencontrés il y a pile deux ans, avaient cru avoir remporté une bataille contre le géant américain Chevron. Et ce au bout d’une année de lutte acharnée, filmée par le réalisateur britannique d’origine polonaise Lech Kowalski, qui avait fait l’objet d’un documentaire diffusé sur Arte le 28 janvier dernier, La malédiction du gaz de schiste«Je vous ai compris, je renonce à forer sur vos terres», avait dit Chevron en langage administratif, la main sur le cœur.

A LIRE AUSSI l’interview de Lech Kowalski, «ce que j’ai découvert m’a choqué»

Lire la suite