#USA Gaz de schiste : premiers déclins aux Etats-Unis

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Gaz de schiste : premiers déclins aux Etats-Unis

C’est là que le boom des gaz de schiste a commencé. C’est là aussi que le déclin semble s’amorcer. Les champs de Barnett et de Haynesville, dans le Sud des Etat-Unis, ont franchi leur pic de production respectivement en novembre et décembre 2011.

Les puits de Barnett et Haynesville ont fourni jusqu’ici près de la moitié de la production américaine de gaz de schiste.

Le développement plus tardif du troisième principal champ nord-américain de gaz de schiste, celui de Marcellus dans les Appalaches, compense jusqu’ici le déclin de ses deux prédécesseurs. La poursuite du développement de Marcellus joue un rôle clé pour maintenir sur un plateau la production totale de gaz naturel aux Etats-Unis, stable depuis le début de l’année 2012.

Evolution de la production des 5 principaux champs de gaz de schiste aux Etats-Unis, constituant 80 % de la production totale de gaz de schiste. Source : J. David Hughes.

La production de gaz naturel du champ de Barnett, situé au beau milieu de la vaste zone urbaine de Dallas Fort-Worth, au Texas, s’est établie à 4,84 milliards de pieds cube par jour au mois de juin, en baisse de 16,5 % sur un an et de 20,5 % sur deux ans. La première ruée vers les gaz de schiste s’est produite ici, au coeur de l’industrie américaine des hydrocarbures, à la faveur de la flambée des prix de l’énergie amorcée au début des années 2000.

Le champ de gaz de schiste de Haynesville, à cheval sur le Texas et la Louisiane, a été le deuxième développé aux Etats-Unis, à partir de 2009. Ses extractions sont en recul de près d’un cinquième par rapport au pic de décembre 2011. La production des puits situés en Louisiane a encaissé un repli de pas moins de 28 % en seulement un an et demi, selon les données fournies par Washington.

Source : EIA.

Indispensable pour exploiter les gaz de schiste, la fracturation de la roche ne permet de libérer ces gaz que dans un périmètre restreint autour de la zone fracturée. Par conséquent, la production d’un puits d’hydrocarbures de schiste atteint en général sa production record dès son ouverture, et décline ensuite très rapidement, souvent dès les premiers mois d’exploitation. Pour maintenir une production élevée, il est nécessaire de forer sans cesse de nouveaux puits, de dix à cent fois plus que pour du pétrole conventionnel, d’après la direction du groupe Total.

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#Tunisie Gaz de #schiste : « Cinq emplois pour 1.000 cancers » ?

basta

TUNISIE

Gaz de schiste : « Cinq emplois pour 1.000 cancers » ?

PAR SOPHIE CHAPELLE (28 MARS 2013)

« On a été informés par la presse en novembre 2012 que le ministère de l’Énergie allait signer un contrat de prospection de gaz de schiste avec la multinationale Shell. Ils nous ont menti. En réalité, le contrat était déjà conclu », constate avec colère Mansour Cherni, coordinateur de la Fédération nationale de l’électricité et du gaz de l’UGTT, le principal syndicat tunisien. Le projet se traduirait par des centaines de forages gaziers, de Kairouan, au centre de la Tunisie, jusqu’à Sfax, au nord-est du pays. « La question est de savoir maintenant quand le gouvernement va passer à l’exploitation », ajoute le syndicaliste.

Selon Mohamed Balghouthi, consultant en stratégie et intelligence économique, cette exploitation aurait commencé dès mars 2010, au sud de la Tunisie, et aurait été diligentée par la compagnie franco-britannique Perenco. « Les compagnies profitent du vide juridique actuel (la Constitution étant en cours de rédaction, ndlr) et de l’absence de principe de précaution pour forer », dénonce t-il.

Eau radioactive

Dans un pays où le taux de chômage approche les 17 %, le gouvernement met en avant la manne d’emplois générée par cette activité. « C’est un leurre,rétorque le syndicaliste Mansour Cherni. 5 à 10 emplois seront créés pour un puits foré mais en contrepartie, 1 000 à 1 500 citoyens auront le cancer », estime-t-il. Car aucune règle ne protègera les habitants des pollutions engendrées par l’extraction. « Cela ne créera pas d’emplois locaux, ajoute Sabria Barka, présidente de l’Association environnementale Eco-conscience.Les compagnies étrangères viennent avec leurs propres techniciens et infrastructures, et les ramèneront avec eux. »

« Notre pays est déjà en situation de stress hydrique », poursuit Mansour. Or, il faut 19 millions de litres d’eau pour une seule injection dans un puits ». Un fonctionnement en continu impliquerait 10 injections par jour, soit 190 millions de litre d’eau quotidiens. Autrement dit, la consommation de 2 000 citoyens pendant un an… « Nous ne disposons pas de l’infrastructure pour traiter les eaux issues de l’extraction, ajoute Sabria Barka. L’eau de fracturation pénètre dans les couches profondes qui peuvent être chargées en éléments radioactifs. Or, les normes actuelles ne cherchent même pas à les doser. Le citoyen peut donc se retrouver avec de l’eau radioactive  ».

Un groupe de députés a récemment soulevé devant l’Assemblée nationale constituante la question de la dangerosité de la fracturation hydraulique, seule technique d’extraction utilisée pour les gaz de schiste. « Ces élus ont demandé à ce que le principe de précaution soit appliqué et qu’une étude d’impact soit menée mais ils sont minoritaires », pointe Sabria Barka. « Nous sommes encore dispersés en Tunisie, mais nous travaillons à la création d’un collectif anti-gaz de schiste afin de faire pression ensemble », se réjouit Mansour. Des alliances favorisées par la tenue du Forum social mondial à Tunis où associations environnementales et syndicats multiplient les rencontres.

A l’occasion du Forum social mondial, la rédaction de Basta ! est à Tunis cette semaine. Voir notre dossier spécial.

Le bras de fer du gaz de schiste se joue aussi en Tunisie

Le bras de fer du gaz de schiste se joue aussi en Tunisie

Le gaz de schiste est au cœur de débats enflammés à propos de ses effets néfastes sur l’environnement. En France, en Europe comme en Afrique. Certains en ont peur et d’autres font l’autruche et notamment les politiques.  Qu’est-ce que ce gaz ? Quel est le problème  posé par l’exploitation de ce gaz en Tunisie ?

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 La polémique du gaz de schiste

Le gaz de schiste, également appelé «  gaz de roche-mère » ou « gaz de shale », est un gaz d’origine naturelle, engendré par la décomposition d’argile riche en matières organiques et extrait à partir de terrains marneux ou argileux. Contrairement au gaz naturel, le gaz de schiste est piégé dans des roches compactes et dures à la différence avec le pétrole et le gaz qui se puisent dans un réservoir. Il faut d’abord creuser un puits vertical et ensuite un puits horizontal, parallèle à la surface de la terre. Ainsi il est donc nécessaire de fracturer ces roches pour pouvoir récupérer ce gaz. On injecte un mélange d’eau, de sable et de produits chimiques pour libérer les molécules de gaz.

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Le débat sur le gaz de schiste enflamme (aussi) la Tunisie

Rue89

Alors que le gouvernement tunisien se hâte de négocier avec Shell pour exploiter les gisements de gaz de schiste, les critiques sont vives sur les conséquences environnementales et le fort relent de népotisme de cet empressement étatique.

« Nous avons peu d’alternatives », se défend Rachid Ben Dali, directeur général de l’énergie au ministère tunisien de l’Industrie.

Selon le gouvernement, la demande en énergie augmente de 6% chaque année et il faut bien la nourrir.

« La Tunisie s’est abstenue de développer l’énergie nucléaire vu les dangers et les énergies renouvelables coûtent cher. »

Or, le pays regorge de gaz de schiste. Une ressource inattendue qui échauffe les esprits.

Un accord discret avec Shell

Les manifestations contre le gaz de schiste s’enchaînent depuis quelques semaines à Tunis. Les mouvements écologistes dénoncent le manque de transparence des autorités.

Le gouvernement tunisien a annoncé en novembre la signature d’un contrat avec Shell pour exploiter cette ressource. Un accord conclu discrètement et promptement sans consulter l’Assemblée constituante.

La compagnie pétrolière est prête à investir 10 milliards d’euros. Quatre forages sont prévus dans le bassin de Kairouan, au centre du pays, l’année prochaine. De quoi produire 12 000 « barils » par jour à l’horizon 2020 et plus de 70 000 à long terme.

L’ombre du Qatar


Capture d’écran de la page Facebook contre l’exploitation des gaz de schiste en Tunisie(Facebook)

Un empressement au fort relent de népotisme qui inquiète les adversaires du gaz de schiste. Pour eux, le gouvernement islamiste veut conclure le contrat le plus rapidement possible et à un bon prix pour plaire à ses soutiens, dont le Qatar.

Selon la presse tunisienne, l’émir du Qatar, Hamad ben Khalifa Al Thani, aurait financé à hauteur de 150 millions de dollars la campagne électorale du parti islamique Ennahdha, désormais au pouvoir.

Et depuis, les accords économiques se multiplient avec Doha. Il y a un mois, la compagnie aérienne Qatar Airways s’est notamment vu accorder des privilèges dans les aéroports tunisiens. Et le Qatar est en train de grignoter une part du capital du géant de l’industrie pétrolière, Shell.

Pour l’instant, il n’existe aucun cadre juridique réglant l’exploitation du gaz de schiste en Tunisie. Et son extraction fait débat.

Risques de pollution

La technique utilisée – la fracturation hydraulique – est un procédé controversé : un cocktail d’eau et de plus de 700 produits chimiques (certains hautement toxiques) sont injectés sous haute pression dans le sol pour fissurer la roche et extraire le pétrole et le gaz. Les adversaires du gaz de schiste invoquent les risques de pollution des eaux souterraines avoisinantes.

La France a bloqué tout forage sur son sol et le Canada l’a interdit par crainte des dangers pour la santé et l’environnement.

L’exploitation du gaz de schiste nécessite aussi d’énormes quantités d’eau, s’inquiètent les écologistes.

En Tunisie, les forages devraient atteindre 4 000 m de profondeur. Chaque puits va ainsi engloutir entre 4 et 11 millions de litres d’eau par fracturation.

« Chaque forage en consomme autant qu’un village d’un millier d’habitants », résume Assma Mdalssi, présidente de l’association AgricoForest. Chokri Yaiche, député du parlement de transition, met en garde contre l’augmentation de la désertification qui va en résulter.

« C’est la ligne rouge que nous ne pouvons pas dépasser », prévient le spécialiste en environnement.

Tribune des droits humains

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